
Producteur, scénariste de classiques tels que La tour infernale dont il fut l'heureux réalisateur ou L'aventure du Poseidon mais également de séries TV à succés telles que The time tunnel et Voyage to the bottom of the sea, Allen s'est également laissé aller à la réalisation en mettant entre autre en scéne ce roman d'Arthur Herzog, The swarm, devenu en France L'inévitable catastrophe pour sa sortie en salles.
A bien des niveaux ce titre français résume pour une fois parfaitement le film qui risque par contre de decevoir les adeptes du roman. Herzog y décrivait un monde futuriste plutôt sombre se basant sur des attaques d'abeilles meurtrières rapportées par des entomologistes ayant constaté de sérieuses mutations sur ces insectes. Allait donc ainsi se retrouver assaillie par des essaims d'insectes une tranquille petite ville d'Amerique...
Allen balaie tout le suspens du roman, tout le coté mathématique de l'enchainement des evenements qui aboutiront à l'inévitable drame.
Fort de la réputation acquise par le spectaculaire de La tour infernale et du Poseidon, Allen pense surtout à étaler ses séquences d'attaques mais engluées dans un récit poussif, elles perdent beaucoup de leur force.
Si The swarm se laisse regarder avec un certain plaisir, le film accumule tous les clichés du genre et fait appel aux stéreotypes les plus éculés. D'une linéarité exemplaire, caricaturale à souhait, l'histoire n'est jamais surprenante ni trés convaincante, encore moins logique.
S'y agitent vainement des personnages fades et archi faconnés- le général brave mais obstiné, la doctoresse amoureuse du cerveau de l'équipe, le bon professeur paralytique, l'institutrice d'âge mur courtisée par deux cow boys mielleux quand ils ne sont pas carrement de simples silhouettes qui disparaissent.
La réalisation plutôt mollement menée ne rehaussent guère l'interet du scénario totalement prévisible et le manque de conviction des acteurs guère concernés dirait on par cet horrible essaim d'abeilles africaines.
Quant aux fameuses scénes d'attaques, elles sont malheureusement disséminées de façon trop éparses et trop souvent mal amenées ce qui leur fait perdre pas mal de leur force. La tension s'en trouve donc amoindrie et au même titre que le spectaculaire qui aurait du en découler. Elles restent pourtant un des rares interets du film et réveilleront le coté insectophobe du spectateur, rares moments de bonheur de ce film.
Allen tente de les rendre tétanisantes en filmant les victimes au ralenti, couvertes d'abeilles, se tordant de douleur. En cela, l'attaque des parents de Paul fonctionne assez bien tout comme celle de l'école, Allen se laissant aller à quelques plans d'enfants morts.


On n'en dira pas tant de la catastrophe ferroviaire ratée, une deception de la part de celui qui jadis qui nous fit frissonner avec le Poseidon, smple maquette tombant dans le vide avec force cris.
Le final tout dramatique qu'il se veut est loin d'avoir l'ampleur digne de son titre et de son réalisateur surtout, la ville en flammes se résumant ici à un batiment et une mini rue en proie au feu. On est loin cette fois du spectaculaire de La tour infernale. Il en va de même pour certaines transparences grossières ici qu'Allen aurait pu éviter.
Reste donc un film animalier qui passe à coté de son objectif, une transposition ratée d'un roman particulièrement noir et pessimiste. The swarm ne s'élève jamais plus haut qu'une simple série B, pas vraiment ennuyante mais loin d'être spectaculaire, un film archi-stereotypé sans surprise aucune rehaussé pour notre plus grand bonheur par la partition musicale de Jerry Godsmith et quelques attaques d'abeilles qui délivreront quelques gentils frissons aux plus sensibles.
De Irwin Allen on était en droit d'attendre beaucoup plus.
Gros échec lors de sa sortie, Irwin Allen n'eut guère plus de chance avec ses travaux suivant, la piteuse suite du Poseidon et le poussif When time ran out.
Sont présents au rendez-vous le vétéran Richard Widmark en général obstiné, les abominables frisettes du toujours batracien Michael Caine plus détaché et flegmatique que jamais récitant ses théses d'entomologie apprises par coeur, Katharine Ross en doctoresse amoureuse, la toujours gironde De Havilland en institutrice courtisée et le plus que toujours irritant Richard Chamberlain en professeur transparent, peu présent Dieu soit loué!
Ceux qui comme Eric detestent ces bestioles ailées, seront heureux par contre de les voir griller dans des trombes de flammes!! Sales betes! Nous detestons les guêpes et autres abeilles!

Le corbeau à la taille de guêpe qui butine, butine, butine..

