Celle ci est donc de nouveau d'actualité en 1982 en pleine ère du slasher même si Death valley s'apparente plus au thriller qu'à ce genre.
En effet, Death valley se concentre surtout sur la traque d'un jeune enfant témoin d'un horrible meurtre et detenteur d'une preuve capitale.
Tous les élèments sont donc réunis pour un film efficace, au suspens aussi pesant que son décor malheureusement, Death valley est tout sauf réellement effrayant encore moins prenant.
Voilà un film plutot décevant vu les possibilités et ressources de son sujet qu'il n'utilise à aucun moment.
C'est donc avec indifference qu'on suit les aventures du jeune Billy et ses états d'âmes face à ce beau-père qu'il n'accepte pas. Le problème est là.
Richards s'est beaucoup plus concentré sur la psychologie de son jeune héros que sur la réelle trame de son histoire.
Death valley devient donc une sorte de melodrame sentimental lorgnant parfois vers un Kramer contre Kramer du trés pauvre où on assiste aux larmoiements du garçonnet blond comme les blés devant partir en vacances avec sa mère et son beau-père dans cette contrée deserte.
Ce coté psychologique prend alors le dessus ce qui est d'autant plus désagréable que Richards ne prend guère la peine de façonner ses personnages totalement transparents tant et si bien que jamais on ne s'y attache vraiment pas plus qu'on ne parvient à y croire.
Death valley enerve plus qu'il ne distrait donc, ennuie plus qu'il ne passionne et tout le potentiel du film s'écroule.
Restent pourtant quelques bons moments notamment les beaux paysages sauvages de cette vallée et certains moments réussis comme le meurtre des campeurs mais cela est noyé dans un océan de platitude.
Richards rate totalement les rares moments qui engendraient un certain suspens par une réalisation d'une platitude extrême et sans imagination.
Ainsi cette voiture démoniaque qui n'est pas sans rapeller The car et autre road movie horrifique ne produit aucun effet, l'attaque de Billy par le tueur masqué dans le musée est insipide à souhait, ne profitant pas même de cette occasion qui lui était donnée de jouer avec la fiction- les comédiens de cette attraction western pour touristes- et la réalité, le vrai tueur, le meurtre de la baby sitter obèse aux limites du ridicule à l'image du personnage lui même sans parler du final où le comportement de chacun des protagonistes est d'une flagrante incoherence.
La peur escomptée fait donc place au sourire voire l'exaspération selon l'humeur.
Les questions s'accumulant dans l'esprit du spectateur, il aura trés vite remarqué ce manque de cohérence et de logique tout au long du film ce qui aggrave l'ininteret de personnages fades mais surtout l'incapacité de Richards à créer un quelconque climat d'angoisse et de suspens.
Il échoue sur toute la ligne y compris là où il aurait été facile de faire frissonner notamment avec ce tueur au faciès inquiètant perdant son peu de crédibilité lors du final où il se met à danser telle une gigue sur le toit.
Regrettons également que dés le début il nous dévoile son psychopathe et les raisons de ses agissements.
Ne subsiste que la curiosité de découvrir le visage de ce fameux frère caché qu'on découvrira lors des cinq dernières minutes.
Mangeant à tous les rateliers, Richards utilise toutes les ficelles et conventions de ce type de cinéma, mélangeant anarchiquement les genres du slasher au thriller en passant par le western, le road movie et le mélodrame de bas étage en s'apesantissant sur le coté psychologique de l'enfant qu'il veut surdoué et parfaitement receptif à cet environnement qu'il sent hostile devinant trés vite le danger qu'il court.
L'amateur de sensations fortes sera lui aussi déçu puisqu'il n'aura que trois égorgements au couteau et un piolet planté dans le coeur à se mettre sous la dent.
Interprété par un Paul Le Mat pataud, une Caherine Hicks plutot indigente et surtout, comble de l'horreur, un des plus insupportables gamins que le 7eme art ait connu, l'abominable Peter Billingsby, son casque blond, ses lunettes plus grosses que sa tete et ses bottes plus grandes que ses pieds, on retiendra juste de cette vallée le jeu de Stephen McHattie en psychopathe qui semble bien être le seul à croire à son rôle.
Sans être desesperement ininteressant, force est de constater que Death valley est un coup d'épée dans l'eau, une tentative interessante mais ratée de thriller prenant pour cadre ce lieu inquietant.
A force de se disperser et trop vouloir en faire, échoue et ennuie plus qu'autre chose.
Dommage car on pense à ce qu'aurait pu être son film avec un peu plus de talent.
Le corbeau qui adore survoler la vallée de la mort en quete de charognes!
