Vu sur Prime (Japon). Beaucoup aime!
Le pitch me fesait imaginer une rencontre du genre: Kafka vs Eraserhead, mais le visionnage m'a laisse sur une toute autre impression.
Par curiosite, j'ai jete un oeil sur Wiki pour voir si des critiques s'essayaient a des comparaisons. Je n'ai pas ete decu.
On a, en vrac: H.R. Giger (pour les creatures(?) ), Jerome Bosch (pour les visions de l'enfer (?) ), MC Escher (pour les decors (?) ), le Grand-Guignol (pour les debordements gores (?) ), les freres Quay et Svankmajer (films et arts plastiques (?) ), Edward Gorey (pour le macabre?).
Un peu l'impression que chacun voit midi a sa porte...
Pour ma part, c'est pas trop Giger. Il y a un peu de biomechanique (notamment le hero), mais beaucoup de persons portent surtout des combinaison et des costumes.
Bosch me parait a cote de la plaque. Si le monde depeint parait "infernal" (vu sa brutalite et son chaos ambiant), ses habitants s'en accoutument plutot bien et si dans notre monde, on regarde a gauche et a droite avant de traverser, dans le monde de Junk Head on regarde a gauche et a droite pour eviter de se faire bouffer. Bref, pas fondamentalement different a mon sens.
Escher n'a vraiment rien a voir avec le choucroute.

Les decors sont impressionnants en taille, en etrangete et dans leur decadence, mais rien qui ressemble a des structures qui montent tout en descendant ou tournent a gauche tout en tournant a droite et vice-versa et autres trompe-oeils.
Cote Grand-Guinol, c'est vrai que ca tache, mais a partir d'un moment dans le film, l'humour devient plus omnipresent, allant jusqu'a desamorner certaines scenes et ce qui pouvait paraitre "cruel" au depart, parait plus "normal", vu le monde en presence.
Gorey et le macabre? Pas sur. Vu un certain humour en presence, je verrais presque plus The Adams Family plutot...
Les freres Quay et Sankmajer. Pas faux
Pour ma part, meme s'il y a des elements de pop-culture horrifiques comme Hellraiser et ses Cenobites pour certains personnages (le savant (fou?) et ses aides), les "champignons" m'ont fait penser a Event Horizon et ses scenes de barbaque ou Akira et son gigantesque monte-charge.
Mais en fait, ce a quoi j'ai le plus pense sont...des contes pour enfants, genre les contes des freres Grimm, notamment dans ce qu'ils ont de plus sombre. On a un personnage qui fait "chevalier blanc" qui descend dans un "donjon", y rencontre toute une faune: des monstres--a noter le dernier monstre qui fait tres "dragon" dans l'esprit, des voleurs, des ouvriers dans leur "forge", des savants qui font plus "magiciens", le tout pour y accomplir une "quete". A un moment, le hero passe de "chevalier blanc" a simple "gueux" (tas de feraille pour etre plus exact), avant de redevenir le chevalier qu'il a toujours destine a devenir.
On est en plein conte et legende.
Pour les decors, sa progression avant tout "horizontale" fait tres jeux video de plateformes, desquelles parfois il descend / remonte d'un (ou plusieurs) niveau(x). L'adaptation en jeu video est plus que facile, elle est meme evidente.
A mon sens, Junk Head est un cas d'ecole du rasoir d'Ockham: "L'explication la plus simple est généralement la bonne" Mais bon, a chacun de voir sur piece.
L'animation est simplement incroyable pour un real/scenariste/animateur/technicien qui a appris sur le tas le tournage en stop-motion et a mis a 4 ans pour son premier (court) metrage et au total 7 ans pour le present metrage.
La constante qualite du metrage est effectivement assez inouie, meme si on sent que le metrage devient...plus "leger" au fur et a mesure et que les elements humoristique deviennent plus prononces, possible signe d'un changement dans l'etat d'esprit du realisateur...(?)
Dans tout ce delire, on note quand meme une certaine humanite, notamment avec
A part ca, les seuls "reproches" pourraient etre que la quete du hero parait quelque peu s'evaporer en cours de metrage et surtout, que la fin est abrupte. A ce titre, le realisateur considere le present film comme le premier d'une trilogie(!)

. Avec un rythme de travail de 7 ans par film, on doit tenir la--toute proporsion gardee--l'Avatar nippon(!)

et qui devrait conclure sa saga quelque part apres 2031...
Quoiqu'il en soit, plus que tous ses film-sommes qui ne font que reservir des idees (piquees) d'ailleurs, Junk Head propose plus de sreinterpretations de concept pour en faire quelque chose de VRAIMENT personnel.
Bref, une experience tres tres chaudement recommande.
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.