Midsommar - Ari Aster (2019)

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Teurk le Sicaire
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Re: Midsommar - Ari Aster (2019)

Message par Teurk le Sicaire »

Un film intéressant dans son choix de faire de l'horreur en plein jour, avec des gens souriants et heureux d'être là sur fond de musiques inspirantes. Le suicide introductif et les quelques élans gores bien sentis sont certes impactants de violence, mais c'est surtout l'ambiance communautaire de bonheur crispé et l'incessant enchainement de rituels pour tout et rien qui s'avèrent rapidement oppressants et donnent envie de s'enfuir en hurlant. On pourra d'ailleurs reprocher aux personnages leur bien trop grande tolérance aux événements, ce qui peut s'entendre dans une recherche de substitution familiale, moins dans une simple démarche thésarde.

J'ai également apprécié que les protagonistes suédois ne soient pas dépeints comme de bêtes boogeymen prêts à fondre sur les gentils Américains, mais bien comme une communauté assumant ses différences socio-culturelles, engagée dans un maintien des cycles naturels et de l'union systémique, quoique ce modèle s'avère tout de même très couteux et peu séducteur. Mais au-delà de ses qualités, Midsommar souffre un peu trop de sa durée et de la prévisibilité de son déroulé, ce qui le rend malheureusement ennuyant à la longue.
bluesoul
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Re: Midsommar - Ari Aster (2019)

Message par bluesoul »

Vu sur Prime.

Le film trainait sur la plateforme depuis quelques temps (j'avais deja vu Hereditary entre-temps), mais la duree de 148 minutes me rebutait un peu.

La semaine passee ils ont rendu dispo la version Director's Cut de...171 minutes. Bilan, j'en ai pris pour 23 minutes de plus hier! :D

Resultats de courses: bien aime, mais je comprends les reticences de certains.

Visuellement et atmospheriquement, c'est a tomber. La mise en images, la mise en couleurs, les "tableaux" composes dans la nature ambiante, la fouletee de details (les tableaux aux USA, les panneaux interieurs en Suede, les architectures et les compositions geometriques lors des evenements, les positions, musiques, costimes, attitudes des members de la communaute pendant les differents evenements, etc, etc). On sent que tout, absolument tout a ete planifie jusque dans les plus petits details. Proprement incroyable.

Essentiellement, on a cree une communaute, un culte, une secte, une culture et ses croyances jusque dans les plus petits details en se basant sur des elements de croyances reelles et fait tourner le curseur plusieurs fois pour generer l'horreur :twisted: . Dans l'obsession des details, on est au meme niveau que The Prisoner TV (1967) ou McGoohan allait jusqu'a des details assez pousse pour la conception du "village" et de son fonctionnement ou de Honneamise no Tsubasa - Ouritsu Uchuugun (1987) pour la conception de son monde jusque dans sa monnaie et de ses distributeurs :shock: .

Et c'est la, qu'on arrive au bout de l'exercice et que les defauts commencent a apparaitre.

Les persos d'abord.

Initialement, Aster avait ete contacte pour realiser un "slasher" en Suede, ce qui ne l'interessait guere...Le probleme etant qu'on a quand meme l'impression que le cast fait tres "slasher" dans l'esprit.

On a ainsi:
- une jeune femme (la vierge) qui a vecu un traumatisme familiale assez :shock: , mais qui semble avoir de gros problemes emotionnels. A ce titre, le film sous-entend que ca ne date pas d'hier non plus et que son mec a envie de la lacher...mais n'y parvient pas, vraissemblablement par lachete plus qu'autre chose...Par contre, je trouve son personnage assez "credible" dans ses desequilibres, son potentiel narcisisme et envie d'etre le centre d'attention.

Au passage, c'est marrant que certains critiques cassent du sucre sur les protagonistes masculins du groupes les accusant d'etre des representants de "masculinite" toxique. Pour ma part, c'est la donzelle est un sacre boulet et tous les membres du groupes (qui ont tous--comme un tout a chacun--des aspects peu reluisants) commencent a en avoir marre de sa presence et de voir leur pote se la trimballer... :x

- le petit ami (le jock/athlete) de celle-ci qui est un personnage indecis, peu sympatique et qui se revele opportuniste par la suite. En ce qui concerne ce dernier element, je ne capte pas son revirement dans la communaute pour passer d'un
Spoiler : :
slacker qui semble etudier l'anthropologie sans passion pour...tout-a-coup se passionner pour la communaute. Euh, gne? )8
- le pote black (l'intellectuel) qui est le cerebral du groupe. Il me rappelle beaucoup le perso dans The Menu (2022) qui
Spoiler : :
vient en toute connaissance de cause au restaurant
. La raison etant qu'il semble savoir (un tant soit peu) ce qu'il en est de la ceremonie de l'ättestupa, meme si visiblement le deroulement extremiste le choque au final.

La critique que (essentiellement) son personnage s'implique et ne prend pas la poudre d'escampette est immerite a mon sens. Les anthropologes et ethnologues qui approchent et recherches des communautes, tribues et groupes ethniques recules doivent s'en rapprocher assez pour les etudier.

Essentiellement, ils doivent devenir l'"un d'entre eux" pour etre accepter, les comprendres et les etudier, quitte a au passage devoir oublier leurs propres gouts, vision "moderne" du monde, barrieres religieuses, morales, voires "ethiques" (endeans certaines limites) et accepter (sans intervenir) de voir des choses qui paraitraient incroyables sinon choquantes a notre monde "moderne".

Bon, par contre, les autres membres du groupe (y compris les britanniques) a part le black et l'heroine, je ne vois pas trop pourquoi ils ne degagent pas plus tot.

- le pote blanc (l'idiot) qui semble s'interesser a l'anthropologie que dans la mesure ou ca lui permet de voyager a l'etranger, de consommer de la came locale et de tirer les donzelles du coin. :roll:

On a aussi le couple anglais qui joue essentiellement les utilitaires.

Bref, on a des personnages peu interessants et deja vu mille fois dans des slashers et autres films neeeeettement moins ambitieux. Notez aussi que j'ai mis expressement entre guillements les persos-types tels que definis dans le film The Cabin in the Woods (2011), vu encore recemment sur Prime et dont certains elements coincident beaucoup avec Midsommar. Limitations du concept ou raisons plus poussees, comme se moquer du genre...? :?:

Le premier probleme etant donc que les personnages ne permettent guere d'implication emotionnelle, d'ou: distanciation par-rapport a ce qui se passe et ce qui leur arrive.

Ce qui nous amene au deuxieme probleme de ce que le film est en lui-meme. Comme dit precedemment, tout est invente de toutes pieces. C'est du cinema, on fait semblant. Le niveau de details est incroyable, mais la communaute, le culte, la secte, les croyances n'existent pas.

Dans le cinema, c'est l'implication emotionnelle qui fait que le spectateur "rentre" dans le film. Ici, a cause des persos, il n'y en a pas vraiment. Il y a un tres bel "object" et le public n'est pas "dupe".

Au final, ca me fait penser a...un mockumentary, a un film ou le public n'est pas dupe que tout ca est du chique. Si les suedois ont pris le truc a la rigolade, franchement, je peux comprendre. Je ne suis pas suedois, mais je prends le tout avec un recul...a la limite de l'"amusement" si on veut, tellement le film a l'air de moquer des groupuscules (sectaires) a la ramasse et leur perception par ceux de l'exterieur (interet "scientifique" ou recherche personnelle / narcisstique).

Ce n'est pas un film idiot, mais c'est peut-etre un film un chouillat trop intelligent pour son propre bien, car en oubliant d'etre un divertissement (meme aussi basique qu'un slasher!) en devient un object joli a voir, mais sans doute un peu vide pour certains.

Aime pour ma part, comme un object d'art...ou un mockumentary tres pousse. (Deja) tente de le revoir, tout comme Hereditary.

P.S. Un ajout rigolo. Je l'ai vu sur Prime Japon et c'est marrant qu'on n'a pas eu droit au floutage japonais de circonstances dans les scenes de galipettes et surtout lorsque
Spoiler : :
le mec sort du batiment en full frontal avec son service trois pieces encore rougeatre de s'etre tape une vierge :shock: :lol:
. Je suppose une erreur de Mazon.
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.
Atomu
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Re: Midsommar - Ari Aster (2019)

Message par Atomu »

Vu en "Director's cut". C'est bien trop long surtout que l'on sait,
Spoiler : :
dès le 1er 1/4 d'heure qu'il vont tous y passer ... ou presque.
Le truc sympa est que tout se passe en plein jour, avec beaucoup de gaité mais que le fond reste en permanence dérangeant. A voir 1x, pas plus.
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