Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

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Superwonderscope
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Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

Message par Superwonderscope »

(aka Gamera Guardian of the universe - Gamera daikaijû kuchu kessen)

Des créatures ont fait surface sur une Ile au large du Japon. Une scientifique découvre des créatures ailées carnivores (nommées "Gyaos") et qui font route vers Tokyo. En même temps, une tortue géante (Gamera) s'éveille et part également sur Tokyo et s'en prend aux Gyaos, avec destructions à la clé.

Renaissance du mythe Gamera, la tortue géante à propulsion ascensionnelle du studio Diaei dans les années 60. Laissant le côté cheap et ouvertement enfantin des derniers épisodes (le pompon revient au best of de 1980, une vraie purge Z drolissime), un effort est fait sur le scénario, plutôt complexe. Mêlant péril nucléaire (as usual), communication entre humain et créature, évolution des espèces et vision mythique, cette nouvelle version s'avère très plaisante à suivre. Plus adulte dans son déroulement, dans la représentation des scènes et de la violence faite.

Quelques SFX paraissent déjà bien démodés aujourd'hui (des sfx numériques assez laids notamment avec les armes qui attaquent les monstres), mais le niveau demeure plus qu'honorable (surtout si on compare avec les Godzilla de la Toho à cette époque). Kaneko donne une belle ampleur visuelle à son film et les combats sont non seulement spectaculaires mais certains effets spéciaux sont réalistes et donnent le change. Surtout que le scénario ne donne pas l'impression de juste servir la soupe aux combats, comme c'est plutôt le cas des kaiju.

Mais le mix entre effets numériques (superbes envols de Gamera depuis le Fukuoka Dome!) et de kaiju eiga traditionnel (le costume est particulièrement réussi, quoiqu'il s'améliorera de film en film jusqu'à la seconde séquelle) est un des meilleurs exemples qui soit. Voir le combat final, assurément une marque blanche dans le genre. Les effets spéciaux, ceci dit, évolueront rapidement dans le meilleur de film en film, pour atteindree un sommet de réussite avec Gamera 3.

Un point intéressant : l'incapacité notoire des militaires, qui oscillent entre guerroyeurs idiots/bornés et soupes au lait. Chacun se trompe sur les intentions de Gamera en ce sens, avant de réaliser qu'elle est présente pour protéger le mondes Gyaos. Mais à quel prix de destruction? On retrouve alors un thème assez cher au cinéma japonais :celui du sacrifice à opérer pour un monde meilleur...

Très belle partition aux thèmes variés de Kô Otani qui accompagne à merveille les différentes scènes (actions & dialogues) - et qui s'écoute parfaitement seule, par ailleurs.

Vu sur le dvd z2 japonais (dans la "Gamera Box" chez Diaei, contenant les 3 Gamera des années 90 + 2 DVD Bonus).
1.85:1
16/9
1H36
sta,
excellent 5.1 (mention spéciale aux basses lors des combats§) outous les canaux sont utilisés à juste escient. Par contre (et je n'en avais aucun souvenir), la copie est carrément hideuse §£ . Compression aléatoire, une sorte de voile de brume semble etre en permanence devant le film, contraste assez pauvre, les scènes en extérieur semblent surexposées :shock: . J'aimis le LD NTSC japonais dans la foulée, l'image en est presque meilleure!
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savoy1
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Re: Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

Message par savoy1 »

C'est quand même très bête. Même si abordé de façon sérieuse, cet opus n'apporte rien aux films de grands monstres japonais. Le scénario ne fait que suivre le sempiternel schéma du genre, du militaire borné d'un côté, du scientifique désintéressé de l'autre. Les séquences d'action sont quand même traitées de façon bien naïve : le Gyaos attrape un chien au vol dans une rue, mais dans la séquence du pont, se révèle super lent à poursuivre l'héroïne qui, évidemment, se casse la figure. Tout est à l'avenant et donc bien peu "adulte" à mon goût. Ici vraiment aucune surprise ni émerveillement.
Quant à la forme, elle est d'une fadeur peu commune pour un kaiju eiga. Cadre et photo, en 1.85, purement fonctionnels. Bien simple, on se croirait devant un téléfilm. Quelques décors réduits très réussis parviennent tout juste à sauver la mise. Les acteurs sont inexpressifs et, de toute manière, leur personnages bien transparents. La gamine en relation psychique avec la tortue semble à cet égard particulièrement absente. Difficile dans ces conditions d'accorder un quelconque intérêt à ce thème de la fusion par ailleurs non développé.
On est donc très très loin du troisième volet de ce cycle, La revanche d'Iris, tout à la fois sf ambitieuse, chronique adolescente et véritable film catastrophe anxiogène. Et cela ne vaut pas non plus le côté enfantin et solaire du récent Gamera the brave.
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Re: Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

Message par orco »

Je viens de regarder le Blu-Ray US, et le film passe sans problème le cap de la HD. Bien-sûr on est loin des standards actuels et certains plans sombres ou d'intérieurs ne sont pas très définis, mais les scènes de combats et de destruction de villes sont assez impressionnants et permettent vraiment d'apprécier le travail de précision effectué sur les maquettes. Ca fait du bien de voir un kaiju dans ces conditions! :)

Tiens sinon, à noter que l'actrice principale du film et de ses deux séquelles, Ayako Fujitani, n'est autre que la fille de Steven Seagal! :D
Superwonderscope
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Re: Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

Message par Superwonderscope »

Revu également sur le BD US, et le film passe allègrement le cap des années et des nouvelles visions. Gamera se hisse sans souci parmi les tous meilleurs films de monstres japonais ever. L'effort notable sur le scénario, l'apport d'une dimension mythique (et son pendant écologique) et la solidité des mises en avant des combats est un vrai plus. Kaneko a le sens du spectacle et l'apparition progressive de Gamera, par petites touches jusqu'à son émergence des profondeurs est remarquable. idem pour la découverte des Gyaos sur l'ile et le point de départ des combats dans l'arène de base ball; En relisant les posts, je ne suis absolument pas d'accord avec savoy sur ce point lorsqu'il parle de téléfilm, faut quand même pas pousser et bien voir des téléfilms japonais pour faire la différence!-
Le film n'est bien sûr pas parfait, mais il augure un traitement différent et rafraichissant des kaiju eiga des années 90 - voir les Godzilla de l'époque, en ce sens, qui souffraient d'un manque de renouvellement assez criant. pas un hasard si la Toho a embauché Kaneko par la suite.

le BD est d'une tenue honorable - le mix DTS HD MA surprend par son utilisation multicanal. Mais en fait, l'image m'a paru bien stable, avec une très jolie définition (notamment sur les gros plans de Gamera, des intérieurs avec scènes de dialogues. les scènes plus sombres ne m'ont pas spécialement géné, j'ai mme trouvé que le sniveaux de noirs étaient bien gérés...
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Teurk le Sicaire
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Re: Gamera - Shusuke Kaneko (1995)

Message par Teurk le Sicaire »

En route pour la trilogie de l'ère Heisei de l'autre Big G, une renaissance qui avait frappé les esprits en son temps (1995). Premier opus que ce Gardien de l'univers qui raconte les déboires du Japon avec des oiseaux géants anthropophages et des atolls sous-marins en déplacement. Et de vouloir considérer le tout comme une menace similaire à exterminer, alors qu'on a pourtant d'un côté Gyaos, réincarnation du Mal, et de l'autre Gamera, bah heu... gardien de l'univers. Reconnaissons qu'il est difficile de trier le bon grain de l'ivraie au milieu des destructions d'immeubles et des pertes humaines ; heureusement qu'une fillette se découvre être la vestale de la grande tortue (le prix de cette responsabilité n'est pas donné car elle souffre des mêmes dégâts physiques que Gamera) et que des scientifiques décryptent des tablettes runiques contenant la sagesse des Anciens.

Il faut passer outre la réalisation assez fade, la photographie téléfilmesque, le jeu d'acteur limite (la gamine qui convainc le taxi de l'emmener en plein chaos, juste avec son regard boudeur !) et des bons sentiments parfois cuculs pour apprécier les élans de générosité du film dans les scènes de Kaiju : de très belles maquettes, de jolis plans iconiques (Gyaos faisant son nid sur la tour détruite de Tokyo, Gamera dans la pénombre lointaine au pied du mont Fuji, l'envolée spatiale) et un affrontement final énervé. La tortue a une bonne tronche, là où Gyaos est plus inconstant (un peu craignos monster par moments). Un bon point pour les thématiques acerbes : l'Humanité crée les conditions de sa perte par la destruction de son environnement, et l'armée ne sert à rien malgré tous ses efforts (même si le sous-texte sur la limitation du champ d'action des forces d'autodéfense peut apparaitre ambigu). En route pour la suite.
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