10 ans après, je remets le couvert #masochismeultime
En fait, j'ai achete un pack Vinegar Syndrome il y a quelques temps, il était dedans mais je ne le voulais pas spécialement, mais bon, reçu, et rangé illico le 4K dans ma bibliothèque ou il prenait la poussière depuis un bout de temps.
Donc : le 4K est spectulairement beau. Les neons explosent sur l'ecran, les details abondent : je n'avais jamais vu le surlignage des lèvres de Berkley et Gershon a ce point, tout comme des details sexuels - genre la vulve de Rena Rifel

Jamais le film n'a été aussi magnifique a voir.
Pour le film, si les 2h11 se regardent sans ennui, je reste peu ou prou sur le meme mode qu'il y a dix ans. Je n'avais jamais remarqué que le film était une mise a jour 1995 de Eve de Manckiewcz.
La pauvre Elisabeth Berkley, quand meme. être témoin en direct d'un suicide artistique de cette ampleur, respect. Elle se donne a fond, partout, tout le temps - je ne crois pas qu'une actrice ait été exploitée a ce point et poussée dans ses retranchements ultimes aussi crûment. J'ai toujours eu un immense respect pour cela. Mais.
Il y a des moments (tout le temps, en fait) ou elle est malgre tout une actrice redoutable, d'une exagération certes voulue par Verhoeven, mais c'est profondément ridicule. La scene de la piscine avec Kyle McLachlan est hilarante (c'est d'ailleurs la meme piscine que dans Une Nuit au Roxbury, par ailleurs).
Paul Verhoeven aime le viol. Il a un problème avec le viol. Il aime filmer des filles se faire violer, degrader violemment. C'est tres gênant, malsain, revenant quasi systématiquement dans chacun de ses films. Une veritable obsession. Gina Ravera a témoigné en ce sens sur l'impact que la violence de la scene a eu sur elle - et qui si elle avait su comment cela cela se serait déroulé, elle ne l'aurait pas fait. 9 heures pour le tournage de cette scene, qu'elle toujours refuse de voir a l'écran.
selon ses mots pendant le tournage de la scene:
¨ Verhoeven’s pursuit of realism led him to be “very exuberant” in his directions to her male co-stars, which in turn encouraged them to be “overzealous” in their performances when the cameras were rolling. “[Paul] was like ‘Closer, closer’” she remembers him saying to Shockley. That resulted in Shockley striking Ravera on camera. “The [punch] you see in the film made contact. My jaw was not right for years. It can go too far, [and] it went too far.
“There was no acknowledgment of what it was going to be, and I didn’t know what to ask for because I’d never been in a situation like that in real life nor professionally. It was my first [rape] scene. There’s no one to call and say, ‘How’d you do that rape scene?’ And, you know, you’ve got two men holding you down; my wrists were bruised, and my body was just covered in bruises after it because of what was asked for the camera. It’s like a stunt, and people get hurt in stunts. But you know what you’re signing up for [with stunts], and I didn’t know.” Since then, Ravera has made a point of turning down roles that would require her to play a victim of sexual abuse. “I don’t like being known for that, or knowing that my image is on the internet in perpetuity in a rape scene. That was the last time I ever played a woman who has gotten hit or was vandalized. It cost me a few jobs too.”
Que le viol soit un événement scenaristique qui déclenche le déclic chez Nomi sur la réalité de son boss/amant, pourquoi pas, mais d'appuyer autant dessus, c'est dérangeant et me fait penser a juste flatter les spectateurs males a qui le film était destine a la base. Un peu comme la scene de viol d'un justicier dans la ville 2, avec des personnes qui se prennent toujours a défendre ce voyeurisme du viol.
La dénonciation du système, mouais. La vanité et la vacuité des personnages - rien de neuf sous le soleil, si ce n'est le clinquant et la vulgarité assumées - et ce conte-jeu de massacre ultra moral et moralisateur vaut surtout par sa brillance visuel que son propos qui une fois de plus, m'a lassé - laissé sur le bord. C'est en fait, tres bête. Provocateur certes, Verhoeven sans aucun doute laisse seul maitre a bord, mais juste un porno chic/choc qui tente d'intellectualiser le monde du show business de Vegas a travers le prisme du sexe vendeur être qui domine la scene. Eve, somme toute, avec du cul.
Aujourd'hui, il est passe d'accident industriel qui a tue la carrière de beaucoup qui ont touche au bidule a un film culte aux relents
camp.
Le film avait été certes un échec aux USA du a son classement NC-17 (et sorti le meme jour que Seven, ca n'a pas aide). Rena Riffel indiquait par ailleurs que Carolco était deja sous la ligne de flottaison au moment du tournage, et que Cutthroat Island prenait également l'eau a ce stade.
767 722 entrees françaises, mais surtout des recettes mondiales qui grimperont a plus de 100 millions de $ a l'époque (45 de budget officiel), sans parler des ventes de VHS qui Feront du film l'un des plus rentables pour MGM.
Pas encore vu tous les bonus, mais le témoignage de Rina Riffel (celle qui reprend son role de Penny/Hope dans la suite) est interessant a plus d'un titre. Sur son histoire de danseuse, son parcours, mais surtout sur le casting - et la remarque crue de Verhoeven au sortir de l'audition, qui lui fait comprendre que sa vulve doit être visible a l'ecran. Mais surtout sa reaction et comment son immersion d'actrice dans son role l'a quelque part sauvée - mais pas sa carrière, malgre des roles dans Striptease et Mullholand Drive.
Je vais m'arrêter lá pour revisiter le film je pense qu'en 30 ans, je lui redonné toutes ses chances. La dernière vision a été la moins pénible, je dois avouer. Je le vois toujours sous l'angle d'une comédie de drag-queen qui n'est pas drôle, volontairement outrancière, mal dirigé - meme Gina Gershon en salope ambiguë en fait des caisses au bord de la parodie voire d'un Michel Baudricourt - et dont la satire tourne court. Décidément pas pour moi.
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?