
Cette nouvelle adaptation cinématographique d'une nouvelle de King fut lors de sa sortie aux USA descendue en flammes par la critique. Voilà un sort bien ironique pour un film dont l'heroine a le pouvoir de maitriser le feu

Comment Mark Lester s'est il brulé les ailes en mettant en scène les aventures de Charlie, petite fille qui a le don d'enflammer quiconque la contrarie, véritable bombe atomique ambulante dont le père fut le cobaye d'expériences psychiques auxquelles il s'est soustrait en s'enfuyant du laboratoire.
Si le film en lui même n'est pas foncièrement désagréable, son problème se situe à deux niveaux. Premièrement sa mise en scène sans réel relief et plutot monotone d'où tout suspens semble être absent. Il manque ce coté angoissant de cette histoire, son coté dramatique. Jamais on ne montre les souffrances de cette fillette dotée de pouvoirs qu'elle ne maitrise pas et qu'elle n'a jamais souhaité avoir.
Les rares scènes de suspens sont filmées de manière si plate qu'elles en perdent toute leur force. Lester préfère s'attarder sur la relation père-fille en alignant des séquences sans réel impact auxquelles on a du mal à accrocher tant les personnages sont peu définis. On s'ennuie plus qu'on prend plaisir à regarder Firestarter.
Peut être aurait il gagné à être un peu moins long, certaines séquences s'étirent en longueur, alourdissant encore plus un film qui manque de légereté. Le final certes fort spectaculaire fortement inspiré par Carrie, n'en finit plus de se terminer.
Repétitif, il finit par lasser même s'il reste un grand moment où les instants de bravoure demeurent bien rares.
Le 2eme gros problème du film et le mot gros prend tout son sens ici

Son total manque de charisme, l'inexistence de tout talent, son coté pataud auquel se rajoute un physique ingrat, rend son personnage insupportable. Grosse, boudinée, habillée comme un sac à patates, un jean remonté jusqu'au nombril sur lequel retombe un ventre flasque, la malheureuse heroine de King se transforme en pomme de terre, l'horreur atteignant son comble lorsque Lester l'habille en juste au corps explosant ses bourrelets.
On se croirait dans un remake de Tremblement de terre lorsqu'elle se met a courir avec la grâce d'un mamouth.

On avait dejà envie de l'envoyer avec ses couettes dans l'hyper espace pour s'en debarrasser à jamais dans l'urticairant E.T, là on souhaite qu'elle s'enflamme et fonde enfin totalement.

Dans le rôle du père, David Keith fait le minimum syndical aux cotés de Martin Sheen tout en impeccable brushing

On a connu Lester plus vigoureux et surtout efficace par la passé. Firestarter fait pâle figure comparé à Class 84 ou Commando.
Le corbeau qui a le feu en lui mais ne brule que pour les petits freluquets
